Retour à l'accueil Association Vauban

Sommaire

L'association Vauban
- Présentation
- Dernières nouvelles
- Congrès annuel
- Colloque annuel
- Voyage d'étude
- Le jeu de l'association
- Bulletin d'adhésion

Le Maréchal de Vauban
- Vauban et ses successeurs
- Les différents systèmes fortifiés
- Les fortifications en France
- Glossaire

En 2007
- Manifestations nationales
- Evènement du mois
- Manifestations régionales et étrangères
- Propositions
- Divers

Publications
- Bibliographie
- Librairie

A voir
- Autres associations et sites
- Plans-reliefs

Voyages & Journées d'études

 

En 2009 :

JOURNEE D'ETUDES DANS L'ILE DE RE

Date : le Samedi 14 mars 2009. de 08h15 à 19h30.

Carte de Seuter XVII° ©Coll. Particulière

©Musée Ernest Cognacq

Un tour des sites fortifiés remarquables de l'île de Ré :

- La Batterie de Sablanceaux, propriété du CG de Charente-Maritime

- La Redoute de Rivedoux

 

- Le Fort de La Prée (inscrit MH depuis Juillet 2008), propriété du CNOSAP.

 

- La Redoute du Martray (visite exceptionnel de l'intérieur), propriété privée

   

- L'Ancienne Tour des Baleines, propriété des Phares & Balises. Un des trois plus vieux phares de France. La tour sera ouverte pour la première fois depuis sa restauration & Visite du Musée du Phare des Baleines.

     

- Déjeuner au Café du Phare (Phare des Baleines)

- La place Forte (Citadelle & Enceinte Urbaine) de Saint Martin de Ré (MH).

 

©Musée Ernest Cognacq

 

                ©Musée Ernest Cognacq

- L'Exposition "Vauban ingénieur du Soleil" en partenariat avec la Cité de l'Architecture et du Patrimoine au Musée Ernest Cognacq de Saint Martin de Ré.

 

- L'Apothicairerie (MH) de l'ancien Hôpital.

- Réception dans l'ancien Hôpital, actuel siège de la Communauté De Communes de l'île de Ré. Allocution du Président de la CDC Lionel Quillet & Maire de Loix.

 

Prix : 57  € comprenant : le transport en car spécial, le déjeuner, les collations, les visites guidées, les entrées de musées, le dossier et brochures diverses.

© Gaston Ballande 1950

>>> Profitez de cette journée d'Etudes pour passer un week-end prolongé dans l'île. En Mars, l'île de Ré se découvre et ses redécouvre ...

   

 

Renseignements : Charles Rofort : charles.rofort@vauban.asso.fr

> Télécharger le programme de la Journée d'Etudes

> Télécharger le Bulletin d'Inscription à la Journée d'Etudes

> Télécharger le Formulaire d'Adhésion à l'association Vauban

 

Quelques ouvrages sur l'île de Ré récents et plus anciens :

       

       

 

2008

VOYAGE AU PAYS-BAS (Octobre)

Grâce à notre ami Carlos Scheltema (Administrateur et Expert auprès d'Icomos International), l'association a organisé un voyage aux Pays Bas du 10 au 12 Octobre 2008, afin de découvrir les fortifications autour d'Amsterdam, de visiter Naarden, - initialement fortifiée par les espagnols puis après 1672 par les français - de visiter des sites de la waterlinie, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO et enfin de découvrir l'ile fortifiée de Pampus.

Le compte-Rendu sera mis en ligne sur le site courant Novembre

Quelques photos dans cette attente :

Le dispositif fortifié de Naarden fondée en 1350. Le dessin des rues initial et sa fortification double sont bien conservés, même s'ils ont subi quelques modifications, destructions et reconstructions au cours des siècles. La ville est assiégée et prise en 1572 par les espagnols qui détruisent les fortifications et entreprennent de les reconstruire sous la supervision de l'architecte militaire et urbaniste Adriaen Anthonisz. Un siècle plus tard, la ville est prise en 1672 par les français qui poursuivent et achèvent les fortifications de la ville avec l’ajout des ravelins et une forte palissade, mais ne pouvaient empêcher la prise de la ville en 1673, par le stathouder Guillaume III.

   

Jusqu'en 1685, les travaux d'amélioration et de perfection des fortifications continuèrent, entre autre sous les auspices d'Adriaan Dortsman, Nicolaas Witsen et Willem Paen. Naarden faisait alors partie de la Ligne de défense de la Hollande. Les derniers travaux eurent lieu à la fin du XIXe siècle, après la Guerre franco-allemande de 1870.

En 1926, Naarden perdit officiellement sa fonction de ville fortifiée. Une importante campagne de restauration a eu lieu entre 1964 et 1987.

 

Le Pampus est un chenal étroit et peu profond, situé devant l'embouchure de l'IJ dans l'ancien Zuiderzee à l'est d'Amsterdam et au nord de Muiden.

C'est également une île artificielle et un fort faisant partie de la ligne de défense d'Amsterdam. Après la guerre franco-allemande de 1870, le gouvernement néerlandais craignait une attaque sur Amsterdam. Une ligne de défense fut construite autour d'Amsterdam. Une île artificielle fortifiée fut créée devant l'embouchure de l'IJ sur le Muiderzand.

Le fort est construit sur 4 000 piliers de 11 m de longueur. Il fut achevé en 1895 et n'a jamais été utilisé en temps de guerre. Il a été fermé en 1933, un an après l'achèvement de la digue du Zuiderzee. L'hiver de 1944-1945 fut tellement rigoureux et il gela si fort que l'île était devenue accessible à pied. Les Allemands avaient auparavant enlevé tout le métal de l'île afin d'alimenter leur industrie et, notamment deux canon sous coupole. Durant cet hiver, les habitants d'Amsterdam ont pris tout le bois disponible sur l'île pour pouvoir se chauffer. Le fort est tombé en ruine, mais en 2006, il est remis en état par des bénévoles.

> Télécharger le Compte-Rendu :

 

 

ANNULATION DU VOYAGE AU QUEBEC

Le voyage au Québec est annulé, faute de nombre suffisant d'inscrits.

Une nouvelle proposition sera faîte dans les mois qui viennent.

Voici une liste des sites fortifiés au Canada :

 

Cette liste a été établie par Philippe Bragard, Professeur à l’Université Catholique de Louvain (collège Erasme) et Expert auprès de l’’Icomos (Unesco).
 

Montréal :
- Autour de la vieille ville, restes archéologiques de l'enceinte bastionnée à simple mur maigre, intégrés dans un parc derrière l'hôtel de ville.
- Sur l'île Sainte-Hélène, musée Stewart dans un fort anglais du début du XIXe siècle remarquablement restauré et animé.


Sur la rivière Richelieu (à 40 km au sud-est de Montréal)
:
- Fort Chambly, carré bastionné en maçonnerie du début du XVIIIe siècle. Démonstration de l'habillement des compagnies franches de la marine.

- Sur l'île aux Noix (passage en navette fluviale) : Fort Lennox, quadrilatère bastionné en terre, avec un ensemble de bâtiments militaires, reconstruction anglaise des années 1820, avec caserne casematée, magasin à poudre, etc. Chambrée de troupe et logements d'officiers reconstitués (sous réserve).


Québec :


- La Citadelle, caserne du Royal 22e régiment de l'armée canadienne. Forteresse bastionnée des années 1820, intégrant les restes d'une redoute française de 1693. Collection remarquable de pièces d'artillerie des XIXe et XXe siècles, dont de gros canons Armstrong rayés.

- Remparts urbains, avec centre d'interprétation près d'un magasin à poudre et site du parc de l'artillerie avec le plan en relief de Québec (1806). Fortifications des XVIIIe & XIXe siècles.

- Plaines d'Abraham, lieu des batailles de 1759 et 1760.

- Tour Martello, 1820.
- A Levis, fort n°1 édifié de 1865 à 1871, contemporain des forts Séré de Rivières.

- Egalement : Louisbourg, au Cap Braton, à environ 750 km de Québec, accessible par avion.

> Télécharger le document "Vauban au Québec" :

Les 400 ans du Québec :

En 2008, on célèbre le 400e anniversaire de la fondation de la Ville de Québec. De nombreuses manifestations françaises participeront à la fête sur le thème de " La Rencontre ".
C’est sous le label de "France/Québec, 4 siècles de fraternité" que le comité français d’organisation a choisi de célébrer l’événement qui constitue une référence à l’histoire partagée entre les deux nations et aux liens forts qui les unissent tout autant qu’à la modernité de l’amitié franco-québécoise.

Lien vers le site : www.culturesfrance.com

Tout découvrir sur les festivités de nos cousins du Québec en allant vers les liens suivants :

Site de la Citadelle : www.lacitadelle.qc.ca

Site officiel des 400 ans : www.quebec400.qc.ca

Site du 12ème Sommet de la Francophonie : www.francophonie.org

 

Dans ce cadre, une course à la voile reliant La Rochelle à Québec est organisée en Mai prochain

Le 8 Mai 2008, plus de 50 bateaux partiront du port de La Rochelle derrière le fameux Bélem. Après quelques jours d'escales aux Açores, ils remonteront vers le Fleuve Saint Laurent pour arriver au début des festivités du 400ème anniversaire de la ville de Québec le 23 juin prochain.

                                                

                                          La Tour de la Lanterne

Un peu d’histoire

 

A Autour de 1567, un certain Samuel Champlain naît à Brouage (Charente-maritime). C'est en 1603 qu'on le retrouve, lorqu'il embarque à Honfleur pour le Canada en tant que géographe royal.

Arrivé là-bas, il étudie les moeurs et coutumes des indigènes, remonte le Saint-Laurent et découvre le futur site de la ville de Québec "un détroit de la rivière de quelques 300 pas de large". Il rentre en France, raconte son voyage à Henri IV qui encourage à développer la Nouvelle France et s'attelle à la colonisation. Il y passera sa vie…


En 1604, il est engagé par Dugua de Mons, un militaire-explorateur natif de Royan. Parti du Havre sur le vaisseau "Le Don de Dieu", il crée le premier établissement de la Nouvelle France, en Acadie, avant de fonder Québec où il débarque le 3 juillet 1608.
Il fait ériger un petit fort où vont habiter 28 français… qui ne seront plus que huit après l'hiver.


Tenace, Champlain parvient à maintenir l'établissement en traversant neuf fois l'océan pour défendre les intérêts de la colonie auprès de la cour.

En 1618, Québec n'est toujours qu'un poste de commerce de fourrures, mais Champlain rêve maintenant d'un royaume où les peuples français et amérindiens se fondraient en un nouveau peuple. Il envoie une lettre en France demandant qu'on envoie des colons. Il espère trois cents familles. Dix ans plus tard, elles ne sont que cinq...


Puis il doit faire face aux anglais… Il résiste une année avant de céder au printemps 1629. Enfin, en 1632, Québec est restituée à la France par le traité de Saint-Germain-en- Laye.

En 1634, les premiers seigneurs-recruteurs arrivent à Québec avec leurs colons et fondent les seigneuries. C'est là que naissent les premières familles québécoises. Champlain, " père de la Nouvelle France " a accompli sa tâche. Il meurt en 1635.

Un bateau réthais, soutenu par l'Association L'Etoile de Vauban (Soutien à la candidature Unesco des Sites Majeurs de Vauban), participe à cette course.

 

 

 

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2006

VOYAGE D'ÉTUDE DE L'ASSOCIATION " VAUBAN "

À LUXEMBOURG ET EN SARRE DU 13 AU 15 OCTOBRE 2006


Pour 2006, c'est Luxembourg et la Sarre que l'Association Vauban avait choisis pour son traditionnel voyage d'études de l'automne, à l'étranger certes, mais en des lieux si proches de la frontière, et tellement marqués par une histoire commune, que le dépaysement était modeste.

Les deux premiers jours furent consacrés à la capitale du Grand-Duché, de l'histoire duquel les dates-clefs étaient omniprésentes lors des visites d'ouvrages : fondation par Sigismond Empereur d'Allemagne et duc de Luxembourg en 963, à la Maison de Bourgogne au XVème siècle, prise par les Français du Maréchal de Créqui en 1684 (qui l'occupèrent jusqu'en 1698), fortifiée par Vauban, retombée aux mains des Espagnols en 1697, réoccupée par les Français en 1701, soumise aux Autrichiens de 1715 à 1795, puis derechef française de 1795 à 1815 (département des Forêts), suite au traité de Vienne de 1815 érigée en Grand-Duché relevant de la Confédération Germanique et à ce titre occupé par les Prussiens jusqu'au Traité de Londres de 1867 qui proclame où sa neutralité, d'où le repli des canons en Prusse en 1870 et le démantèlement des fortifications en 1910. Celles-ci, se déployant sur 180 ha, comportaient une première enceinte bastionnée, une deuxième de quinze ouvrages et enfin l'enceinte extérieure avec neuf forts taillés dans le roc.

Emprunté en venant de la gare le vendredi 13 au matin, le Viaduc ou Vieux Pont ou encore la " passerelle " (diminutif bien peu justifié !), de 1859-1861, offrait un premier panorama sur le centre, dominant la Pétrusse et l'Alzette, cerné par une impressionnante succession de bastions, de murailles, d'échauguettes, etc , agencés en " fronts " (de la plaine, de Thionville, de Trèves, de Grünewald, du Rham) donnant ainsi le programme des visites. Au cœur de la ville, furent vus en passant l'église de la Trinité (catholique, devenue hôpital en 1795, puis église de la garnison et ensuite église protestante), la maison de Bourgogne (résidence du Premier Ministre, avec plaque commémorative de la visite de Louis XIV du 21 au 26 mai 1687), la cathédrale Notre-Dame ancienne église des Jésuites, le collège devenu Bibliothèque Nationale, le Ministère des Affaires étrangères, le monument à la Grande-Duchesse Charlotte (1896-1985) de 1990, la Chambre des Députés, la résidence du Grand-Duc (ancien Hôtel de Ville), avant d'être accueilli au Musée National d'Histoire et d'Art (M.N.H.A.) par son Directeur M. Polfer. La pièce maîtresse en est la maquette en bronze de la place-forte, telle qu'elle était en 1867 (encore les fortifications complètes, et déjà les voies ferrées), due au Capitaine Guillaume Weydert (1836-1903), exposée (en plâtre) en 1883 puis coulée (en bronze) en 1902, montrant bien les constructions des architectes-ingénieurs-entrepreneurs italiens puis celles de Vauban. Ce musée ultra-moderne abrite d'autres salles du plus vif intérêt, comme celles de l'archéologie romaine, sans oublier un restaurant où les participants, levés très tôt, reconstituèrent leurs forces.

Dès le début de l'après-midi commencèrent les visites d'ouvrages en suivant le circuit culturel Vauban, avec le Bock (Bouc), accessible uniquement par l'Ouest, ancienne forteresse de Sigismond au Xème siècle, incendiée en 1544 puis reconstruite, ayant subi tous les sièges et toutes les conquêtes, enfin démilitarisée en application du traité de Londres (mai 1867) comme l'exigeait Bismark : crypte archéologique abritant les plus anciens vestiges, nombreuses casemates " donnant " des deux côtés de l'éperon pour cinquante canons (il en reste quelques uns), pont du Château de 1755 à deux étages, galeries, etc. Quelques rues plus loin, ce fut, dans le quartier Pescatore, le fort Berlaimont (Espagnols 1683, Vauban 1684, enveloppe par les Autrichiens 1739), du moins ses dessous : escalier, galerie, nombreux rameaux latéraux de mines et contre-mines, réduit central en as de carreau avec revêtement de sol en briques en 1820 pour l'occupation des forts, ventilé par une sorte de cheminée débouchant dans le parc de la maison de retraite Pescatore (ancien P.C. de Patton en 1945). La sortie à Bellevue offrit un splendide point de vue sur le pont Grande-Duchesse-Charlotte (" le pont rouge ", métallique) et le demi-bastion voisin. Un peu plus loin, au glacis, où se trouvait une ancienne chapelle démolie en 1684, est érigé le monument aux paysans soulevés contre les Français en 1798 ainsi que la nouvelle chapelle du glacis, abritant un intéressant vitrail moderne du Maréchal de Vauban (avec en arrière-plan la destruction de la ville en 1684). Le fort Louvigny, désormais Ministère de la Santé, est une autre redoute espagnole de 1672, modestement protégée par une petite porte et un étroit pont-levis genre " maison de poupée ", mais aux puissantes fondations puisque supportant allègrement l'impressionnante tour en maçonnerie de R.T.L. des années 1950 d'une quarantaine de mètres de hauteur. La dernière visite poliorcétique de ce premier jour fut celle du fort Lambert, pentagonal, avec son réduit central de 1685 de Vauban et son enveloppe de 1737 par les Autrichiens, étêté par le démantèlement de 1868-1874, mais aux infrastructures remarquablement dégagées donc parfaitement visibles depuis le balcon que forme en cet endroit l'avenue Monterey.

La journée s'acheva à l'Hôtel de Ville, avec le sympathique accueil de Mme Flesch, Maire-Adjoint au Patrimoine et à l'Environnement, qui offrit un rafraîchissement apprécié, suivi d'un parcours " de fond en comble " (grâce à un ascenseur panoramique … de soixante places !) de la nouvelle construction érigée sur une base ancienne, puis d'un dîner au même endroit.

Le samedi 14 fut une véritable partie de " yoyo " avec quatre descentes et autant de remontées entre tous les plateaux rayonnant autour du centre ceint par la Pétrusse et l'Alzette, avec à chaque fois des dénivellations de cinquante à quatre-vingt mètres … bravo le souffle ! … merci les genoux ! Les Trois Tours, une carrée centrale du XIIIème siècle, deux rondes latérales de la fin du XIVème siècle, sont encore pour quelque temps affectées au Tribunal (une nouvelle Cité Judiciaire est en construction), après avoir été une prison et auparavant la résidence du Capitaine Weydert, déjà cité. La descente commença au Val aux Moines, avec un coup d'œil sur une guérite espagnole du milieu de XVIIème siècle jadis dotée d'une coupole en pierre (il y en aurait eu trente huit !), pour aboutir à la porte d'Eich, de Vauban, puissant jalon du mur Béinchen barrant toute la vallée, à côté du Fengerlek (index), ancienne cheminée d'une machine à vapeur destinée à refouler l'eau depuis le dix-neuvième siècle jusqu'à la seconde guerre mondiale, près du ravellin casematé ; mais le lavoir dans les fossés a disparu. Sur la rive droite de l'Alzette la porte des Bons Malades (lépreux), aussi de Vauban, lui fait pendant, mais l'escalier en " ligne de plus grande pente " est en réfection ; alors la grimpée se fit par la rue Vauban, d'abord jusqu'à la porte de Grünewald ou de la Hiehl (Vauban, 1684-1685), jadis traversée par le chemin ensuite détourné par les Prussiens (arrivée de la voie romaine venant de Trèves), avec à droite, splendides, trois magasins à farine tout en longueur, bout-à-bout mais en dégradé, réalisés en 1728 par les Autrichiens, à ce jour réserves du M.N.H.A. La poursuite de la montée vers Pfaffenthal offrit un vue plongeante sur la porte fortifiée de la ligne de chemin de fer, réalisée par les Prussiens en 1859, modifiée pour l'électrification en 1985, mais présentant encore dans les piédroits les rainures verticales pour la herse. Sur le plateau les superstructures du fort Olizy et du fort Grünewald inférieur, réalisés par Vauban en 1684-1685, ont disparu mais le groupe les relia en souterrain par la zigzagante galerie de contrescarpe où furent emprisonnés les paysans révoltés en 1798. La descente par un chemin taillé dans le rocher par les Prussiens ramena à la porte de la Hiehl puis ce fut la montée au fort Grünewald supérieur, lui aussi dû aux Français. Les remparts en ont été dernièrement retrouvés et reconstitués, avec un magnifique exemple de la Convention de Venise qui impose un large joint en mortier entre une base ancienne et une élévation refaite. Une galerie souterraine de 169 m conduisit les visiteurs au fort Thüngen, édifié par les Autrichiens en 1732, très caractéristique avec ses trois tours (les Trois Glands), qui abritera en septembre 2007 un musée de la forteresse et où fut servi un déjeuner certes un peu long mais heureusement conclu par une dégustation d'une excellent eau-de-vie de quetsche. L'extrémité de ce fort comportait comme les autres une pointe en fer de lance avec un réduit central mais a été absorbée, et en large partie détruite, par un Musée d'Art Moderne dessiné par l'architecte sino-américain Ieoh Ming Peï qui y a édifié, en plus petit, une pyramide rappelant celle de la cour du Louvre l'ayant rendu célèbre. Qu'ils soient réhabilités ou démolis, tous ces éléments sont à apprécier dans leur ensemble, car la négociation a abouti à ce que la réhabilitation du Grünewald supérieur soit supportée par le budget du nouveau musée ; à quand un musée d'art moderne charitablement financé par le budget de restauration d'un ancien fort, pour renverser les rôles entre l'opulent et le démuni ? Un nouvelle descente, laissant à droite la batterie Weimershof, à ciel ouvert, destinée à tirer dans le ravin, amena à la Tour Malakoff, construite par les Prussiens vers 1860 avec de faux mâchicoulis, après le chemin de fer, afin de fermer le ravin en contrebas du fort Parkler, près du vieux cimetière juif, d'où sa première appellation de Judentürm jusqu'à ce que la " Criméemania " lui vaille son actuel nom en hommage à l'héroïque conquête de la plus célèbre tour des fortifications de Sébastopol ; mais, confiée à des groupes scouts, son intérieur est sans intérêt, voire mal tenu. De retour en bas, ce fut la maison natale de Robert Schuman (1886-1963), un des " pères fondateurs " de l'Europe et un cimetière allemand des deux guerres mondiales. Pour enchaîner vers la circuit culturel Wenzel, le mur Wenceslas, offrant de nouvelles vues sur la " caserne à l'épreuve " de 1853-1866 et sur les tours médiévales, permit de franchir l'Alzette et la porte de Trèves fit enjamber la rue du même nom avant la montée sur le plateau du Rham. Celui-ci présente plusieurs casernes de Vauban de 1685, dépouillées, ainsi qu'une autre " caserne à l'épreuve ", plus récente, aux décors sculptés très prussiens. A l'Ouest du plateau se trouve le château d'eau Wasserthurm (puits d'une cinquantaine de mètres de profondeur) et se trouvait le réduit du Rham, dont il ne subsiste que peu de choses. Du côté Est ce sont quatre demi-tours médiévales anciennement reliées par un rempart très élevé, effondré depuis longtemps, et, surmontée d'une tour ronde, une casemate dans la bifurcation des deux voies ferrées (vers Liège et vers Trèves), prussienne, destinée à abriter des canons pour les battre toutes deux. Les fouilles en cours furent présentées par l'archéologue qui les réalise : caponnière (disparue) et ruines d'une poudrière prussienne dont l'étanchéité résultait de couches d'argile damée. Encore une descente et c'est, au Sud-Est, la citadelle du Saint-Esprit (Vauban, 1685-1687, où se construit la nouvelle cité judiciaire quelque peu disproportionnée) avec de respectables moignons du mur qui le reliait au fort Verlorenkost (là où est le boulevard d'Avranches) dont l'explosion en 1807 fit cent vingt morts. Le groupe poursuivit sous la passerelle la délicieuse promenade de la Pétrusse avec à droite le front de Thionville (dont le bastion Louis porte le " jardin suspendu " de l'Ambassade de Grande-Bretagne) et à gauche, au-dessus d'une belle pente engazonnée, l'emplacement du fort Elizabeth dont souterrains et casemates ont été retrouvée par hasard voici quelques années à l'occasion de travaux. Enfin pour terminer ce fut le bastion Beck (Espagnols 1644, puis agrandi par Vauban) au pied duquel se situait l'écluse Vauban (ou Bourbon) pour régler le niveau de l'eau dans ce large fossé. La dernière ascension se fit au cœur même de ce bastion par un escalier démesuré (car rachetant une différence de niveau de quatre-vingt mètres), aux marches fort irrégulières, utilisé par les Prussiens comme en témoigne en allemand l'inscription hygiénique " ne pas oublier le sable " près des latrines… . Il débouche à l'air libre à côté du monument du Souvenir " Gëlle Fra " place de la Constitution, dédié aux morts des deux guerres mondiales, face à l'Ambassade de France sise à l'angle du boulevard Roosevelt et de la rue Chimay. C'était presque l'heure du dîner de clôture à l'hôtel Cravat, dont le raffinement contrastait vivement et agréablement avec le niveau de l'hôtel Schingten.

Quant au dimanche 15, il conduisit à s'éloigner dès huit heures en renouant avec le tourisme en autocar, la première étape étant l'ouvrage B-Werk de Merzig - Besserlingen avec accueil par le Maire. Sur les dix-sept milles ouvrages que comportait la ligne Siegfried, trente-deux seulement sont de cette taille, et celui-là est l'unique à avoir été conservé. Mais il n'a rien de comparable aux ouvrages colossaux de la ligne Maginot. Autant dire que cette ligne Siegfried avait d'abord un rôle psychologique, vis-à-vis de l'opinion allemande comme vis-à-vis des pays étrangers. Ce B-Werk a été construit en 1937-1938 avec 2800 m3 de béton, 200 tonnes d'acier, une couverture de terre de 2m50 d'épaisseur, deux sorties de secours et une trappe sur fosse à l'entrée battue par une mitrailleuse de MG 34 de calibre 7,92 mm. En ce qui concerne l'armement il comporte deux grosses coupoles (ni éclipsables ni orientables), à six embrasures, d'une masse de cinquante et une tonnes, de vingt-cinq centimètres d'épaisseur, réalisée en acier au chrome et au molybdène par Krupp en 1937, prévues pour des mitrailleuses MG 34 de calibre 7,92 mm. S'y ajoute, sous une impressionnante protection en fonte (vingt-six tonnes) totalement invisible de l'extérieur car parfaitement rase, un mortier M 19 de calibre 50 mm ainsi qu'une cloche d'observation à cinq fentes. Ses quatre-vingt dix hommes d'équipage étaient dotés de munitions comme de vivres pour pouvoir combattre quatre semaines sans ravitaillement. La visite de ses deux niveaux est quelque peu ingrate car, à l'abandon après 1945, il a été pillé par des récupérateurs en tous genres et ce n'est qu'à partir de 1997 qu'une association de bénévoles en a pris la responsabilité… après avoir dévié le tir de la voie rapide voisine qui devait initialement passer dessus ! Encore quelques dizaines de kilomètres et ce fut Saarlouis avec d'abord un déjeuner " en situation " dans les casemates près du vieux bras de la Sarre, suivi d'un accueil à l'Hôtel de Ville par un de nos sympathiques concitoyens de là-bas : historique, fresque extérieure explicitant l'histoire française de cette cité, plan-relief (refait en 1980 pour le tricentenaire, l'original ayant été pris par les Allemands et détruit à Berlin en 1945) anciens fauteuils du Tribunal et tapisseries des Gobelins dans la salle des mariages, et armoiries avec la devise " dissipat atque fovet " soit " il (le soleil) dissipe (les nuages) et réchauffe (la terre) ". Saarlouis a été créée ex-nihilo par Thomas de Choisy (ingénieur de Vauban) qui en posa la première pierre le 5 août 1680, également ingénieur-architecte de Saarbourg non loin de là. En 1697 le traité de Ryswick restitua la Lorraine aux ducs de Lorraine mais Saarlouis resta une enclave française durant cent trente cinq ans, de 1680 à 1815 (la garnison ne se rendra qu'en décembre, sur ordre exprès de Louis XVIII) . A cette date les Prussiens modernisèrent les fortifications en créant des casemates. L'importance stratégique diminua après la défaite de Napoléon III en 1870, la frontière se trouvant reportée au Sud de Metz. Manquant de terrains pour son développement la ville démantela ses remparts à partir de 1886 (des lignes d'arbres rappelant le tracé pentagonal), mais c'était trop tard pour participer à l'expansion économique de la Sarre à partir de 1850 et de surcroît la gare est à deux kilomètres du centre. La Sarre est érigée en Land en 1920 et un référendum confirme en 1935 son rattachement à l'Allemagne, que la France tentera en vain de remettre en cause après la guerre. En 1945, durant trois mois, la ligne de front passe au milieu de la ville, qui est détruite puis reconstruite pour la troisième fois (1680, 1890, 1945). Son nom sera Sarre-Libre de 1793 à 1810 et Saarlautern de 1936 à 1945. L'itinéraire du groupe permit, par un boucle au Nord-Est, de voir, dans une fouille de sauvetage, le ravelin et le batardeau du bastion n° 6, l'un de ses oreillons, ses murs d'escarpe et de contrescarpe ; et ensuite l'ancienne contre-garde de l'écluse ou île Vauban (encore lui !) avec sa casemate prussienne, la porte d'entrée de l'ouvrage à cornes (quelque peu défiguré par le lycée), avec retour par le pont de l'écluse vers les casemates du départ de chaque côté de la porte d'Allemagne gardée par deux canons du passé. Ce fut assez rapide car l'heure tournait, mais suffisant pour comprendre l'essentiel et pour faire souhaiter revenir dans cette place-forte si peu connue en France alors que si proche…

Il faut remercier toutes les personnes ayant concouru à la réussite de ce voyage, en premier lieu le Président Alain Montferrand et l'ami Serge Fontenelle (programme, réservations de l'hôtel des repas et de l'autocar, dossiers..) mais aussi tous ceux qui, sur place, ont accueilli ces quarante-cinq personnes avec tant de gentillesse, de compétence et de disponibilité. Faute de pouvoir les citer tous, une mention spéciale est à décerner à M. André Bruns, qui œuvre depuis longtemps à la sauvegarde et à la restauration du patrimoine fortifié du Grand-Duché et qui a bien voulu nous accompagner et nous guider durant ces trois journées en plus de tout le travail qu'il avait accompli en amont pour la réussite du projet. Pour conclure, ce voyage d'étude aura prouvé combien il y a encore d'œuvres poliorcétiques pas assez connues, bien que considérables, à voir tout près de nos frontières, pour nombre d'entre elles dues à Vauban qui aura en quelque sorte été un précurseur de l'Europe ainsi que cela sera redit avec force lors de la célébration du tricentenaire de sa mort en 2007 ; il faut retenir aussi que des places-fortes " démantelées " sont encore parfaitement visibles et lisibles pour qui, convenablement documenté et bien accompagné, se donne la peine de les parcourir à pied avec des yeux attentifs et observateurs !


Quizz

Première question.

Combien de villes ont été créées de toute pièce par Vauban, sur la demande de Louix XIV, et quels sont ces places ?

Deuxième question.

Dans son traité sur La cochonnerie, Vauban s'était prêté à un calcul théorique où partant d'une truie de un an, donc en âge d'être fécondée, il obtient un certain nombre de truies au bout de 9 ans. Combien de truies étaient vivantes la huitième année ?


 


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Association Vauban - Musée des Plans-Reliefs - Hôtel National des Invalides - 75007 Paris
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